Comment la supervision pour avocats est-elle née?

Lors de mon divorce, mon avocate m’a fait plus de bien que mon psy.

Elle m’a protégée des attaques de mon ex-conjoint, et m’a donné des raisons de croire en moi.
“Ouf, Je n’étais pas complétement folle ni dysfonctionnelle. Je n’ai pas dévissé.”

J’imaginais que pour avoir été aussi fine dans l’accompagnement, cette avocate était elle-même accompagnée, formée à la psychologie.
Mais ce n’était pas le cas , j’ai découvert des années après, qu’elle était allée au-delà de sa mission juridique, me prenant sur ses épaules.
J’ai été touchée en imaginant l’impact personnel pour les avocats, de gérer les situations  “crève- cœur” : voir confier la garde des enfants au parent violent, les situations de faillite, d’accident…

Alors j’ai senti ce que beaucoup vivent au quotidien : intervenir dans des situations où la vie a basculé, avec des clients dont la détresse les rend difficilement gérables, tout cela dans une atmosphère de combat.

Étant formée à la psychotraumatologie et connaissant  le pouvoir de contamination psychique du patient sur le soignant,  je me suis dit qu’il fallait faire ma part :  proposer des dispositifs de supervision, qui existent déjà chez les psys. Des espaces entre pairs, pour prendre de la hauteur, pour saisir la systémie à l’œuvre dans le dossier, et pour continuer à exercer avec Sens.

J’ai beaucoup d’admiration pour les avocats, et mesure les risques qu’ils prennent en faisant du déminage avec comme seule protection leur Robe en tissu, et leurs Codes…